Ceci n’est pas un édito

J’ai pris du temps à m’y mettre pour écrire cet article. J’ai un peu la pression, et en même temps je suis très impatiente, très fière. La pression parce que c’est le premier article d’une série que j’espère longue, très longue et qui perdurera longtemps après moi. Impatiente parce que je sais que moi et les autres membres du club Mauvais Genre(s) on a vraiment très très envie de partager une foultitude de choses avec vous. Fière, parce qu’en tant que présidente du club, ce blog cristallise notre mobilisation et notre solidarité. Bref, j’ai l’impression d’écrire un édito et c’est une démarche qui m’intimide, à la fois rigolote et solennelle, vous me direz si je m’en sors pas trop mal.

Pourquoi un blog ?

C’est vrai que ce n’est pas une démarche qui va de soi, ni une nécessité pour un club du BDE (on vous fait des bisous au passage!) Après tout, à l’ère des internets et de la toile connectée, les réseaux sociaux peuvent sembler largement suffisants. Pourtant, à tout hasard l’oiseau bleu limite les posts à 140 caractères, et on ne va pas aborder ici la censure qu’exerce Visage Livre et son homologue photographique sur les images, textes queer ou féministes. Tout ça alors qu’on a vraiment beaucoup, beauuuuucoup de choses à dire et qu’on a pas envie d’être restreint et limité (hashtag Freethenipple tmtc) sur des sujets qui nous tiennent à cœur. 

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Source : giphy

Un blog c’est donc un morceau de liberté qui ne dépend que de nous. C’est l’occasion de créer une plateforme d’expression et de partage, qui nous permette d’apporter des connaissances, des expériences à toutes et à tous dans des formats variés, sur des sujets divers sans épée de Damoclès au-dessus de notre clavier. Un blog ça nous permets de sortir du carcan (fort confortable et seyant faut bien le reconnaître) du hall de Flore, et de proposer à ceux et celles qui veulent partager et échanger avec nous d’ajouter une petite pierre à l’édifice émergeant de la communauté LGBTQI+. Je dis émergent parce que depuis 10-20 ans, la société découvre (avec plus ou moins de stupéfaction) l’existence de personnes qui ne correspondent pas à une étiquette hétéronormée, cisgenrée, occidentalisée, mais surtout parce que ces mêmes personnes parviennent enfin à posséder leur propre voix et à la faire entendre hors les murs (FIAC) de leurs communautés. C’est à la fois un combat quotidien pour leurs droits, acquis ou non, et une bataille acharnée pour faire comprendre que nous ne sommes pas des créatures sorties de la civilisation déclinante et décadente du XXe siècle. Nous avons toujours existé, nous existerons toujours quelles que soit l’incompréhension, l’intolérance, la haine et la violence auxquelles nous pouvons être toutes et tous confrontée.e.s parce que nous portons sur le front la faute de ne pas être « comme tout le monde ».

Un blog c’est aussi un moyen de permettre aux lecteurs une intimité, un secret qu’on ne peut pas toujours donner pendant nos événements de club. C’est un temps pour soi, un moment qu’on choisit et qui permet d’apprendre à son rythme, de découvrir son identité ou celle de ses proches, de sa famille.


Que vous soyez LGBTQI+ ou allié.e, j’aime vous imaginer comme des navigateurs polynésiens, voguant d’île en île toujours plus loin dans l’immensité du Pacifique, s’arrêtant parfois plus longtemps au même endroit pour l’explorer, mieux le comprendre, se l’approprier peut-être, avant de finalement repartir, guidés par les étoiles, et les vagues. Les îles c’est les articles, le blog un archipel au milieu de l’océan du Queercifique, et toi l’explorateur des genres et des sexualités qui parsèment nos sociétés.

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‘Tain j’suis trop une poétesse (source: giphy )

Je vais donc m’arrêter là avant de vous perdre définitivement, tel un suiveur de Palissy ou un disciple de Michel-Ange, dans mes réflexions métaphysiques.

Je n’ai plus qu’à te souhaiter cher lecteur, chère lectrice, ou futur.e rédacteur et rédactrice, de passer un excellent moment sur Mauvais Genre(s) en espérant sincèrement que tu y découvriras beaucoup et qu’on se croisera peut-être à l’occasion ♥

Steph