Interview pour la semaine de l’aromantisme

Cette interview a été réalisée en février 2019 à l’occasion de la semaine de visibilité aromantique du 18 au 23 février. Les noms sont les pseudos portés par les personnes interviewées sur la plateforme de discussion discord.

Bonjour à tous.tes !

Vous êtes peut-être tombé dessus, mais depuis quelques jours sont postés sur internet un ensemble de contenus traitant de l’aromantisme. Photos, interview, sondages, témoignages, manifestes, revendications et tracts…
La Saint-Valentin est passée et nous sommes en effet rentrés dans la semaine de la visibilité aromantique !

Aromantisme ? Kézako ?

L’aromantisme est le fait de ne pas ressentir d’attirance romantique. C’est un spectre, tout comme l’asexualité, regroupant des personnes ne ressentant pas, ou peu, d’attirance romantique.

Pourquoi ce sujet ? Parce que j’ai découvert l’aromantisme en m’inscrivant sur un discorde centré autour de l’asexualité et de l’aromantisme. Les gens que j’y ai rencontré étaient formidables, et m’ont mené à me questionner sur des concepts qui semblent ancrés (à coups de tenons et de béton) dans notre société.
Pourquoi avons-nous un culte du couple dans notre société ? Pourquoi mettons-nous en avant nos relations romantiques par rapport à nos relations platoniques, fraternelles ou amicales, aussi fusionnelles soient-elles ? Pourquoi voyons-nous l’amour romantique comme l’amour par défaut ? La réalité ne serait-elle pas plus compliquée que ce modèle binaire –couple ou célibataire, qui définit souvent notre place dans la société ?

Il est donc temps de secouer tout cela et de remettre ces certitudes en question.

En l’honneur de la semaine de l’Aromantisme, mettons les projecteurs sur ces cher.ère.s Aro (Aromantiques) et tendons leur notre micro !

Crédit photo : Association Arobase
  1. Quelques mots pour vous présenter et parler de votre place sur le spectre de l’aromantisme ?

Green Aro : Je suis un étudiant d’une vingtaine d’année vivant à Paris. Je suis aromantique, c’est à dire que je ne ressens pas d’attirance romantique, à aucun moment et d’aucune manière. C’est un concept qui m’est d’ailleurs paradoxalement assez étranger.

Violette : Je suis une jeune fille cis de 23 ans, et de toute ma vie je n’ai jamais été profondément attirée romantiquement par une personne. J’ai toujours eu du mal à comprendre les réactions des autres personnes par rapport à leurs relations romantiques (amour à sens unique, ou interdit par exemple) dans la mesure où je choisissais mes « intérêts romantiques » pendant toute mon adolescence. Une seule relation avec un de mes « intérêts choisis » se démarque des autres, dans la mesure où je pense avoir ressenti avec cette personne de l’attirance romantique durant un cours laps de temps.

Dans cette mesure, je ne suis pas sure de si je ne ressens de l’attirance romantique que très rarement et de manière peu intense (grey-aromantisme) ou si je n’en ressens pas du tout (aromantisme). Je préfère me définir comme aromantique ou arospec (NdlR : Aro-spectrum) sans préciser la nuance.   

Enzo : J’ai 27 ans, j’habite dans la banlieue parisienne, je suis étudiant en master de sociologie, je suis cisgenre, je me définis comme asexuel (NdlR : qui ne ressent pas d’attirance sexuelle) et grey-héteroromantique.

Je me considère comme grey-aromantique, ce qui signifie que je désire vivre avec une personne l’expérience d’une relation qui serait intense émotionnellement ; pour autant le sentiment romantique pourrait sans problème ne pas faire partie des-dites émotions échangées entre moi et mon hypothétique partenaire/ significant other/etc. La tendresse, la complicité et le plaisir ressenti durant les moments passés ensemble sont pour moi infiniment plus important que « l’amour » romantique au sens traditionnel du terme (= tel qu’il est présenté et mis en valeur par la culture amatonormative [NdA – culture privilégiant les relations romantiques monogame en les établissant comme étant hiérarchiquement supérieures, partant du principe qu’il s’agit d’un objectif universel nécessaire à l’épanouissement] occidentale tout du moins). Par ailleurs, les normes sociales souvent associées au couple hétéroromantique – exclusivité, démonstration d’affection sexualisée en public, insistance sur les rôles genrés des partenaires…- m’ennuient profondément. Ainsi, pour résumer, la solitude ne me satisfait pas du tout, pour autant je serais bien plus à l’aise dans une relation queerplatonique que dans une relation de couple ordinaire [NdA – relation platonique, non romantique, très intime avec un engagement émotionnel qui ne pas dans le modèle du couple sexuel et/ou romantique].

La tendresse, la complicité et le plaisir ressenti durant les moments passés ensemble sont pour moi infiniment plus important que « l’amour » romantique au sens traditionnel du terme .

Eleuterre : Je suis Eleuterre, individu de type non-binaire, révélé.e asexuel.le et aromantique il y a peu. J’adore écrire, faire de la musique, rencontrer de nouvelles personnes, être dans la nature, vivre, courir, chanter, danser, respirer ! Théoriquement, je suis étudiant.e, authentiquement, je n’en ai que le statut. Je suis aussi en service civique dans un café associatif qui est source d’initiatives sociales, culturelles et citoyennes, et ça, c’est génial!

Je ne ressens pas d’attirance pour la romance. Je peux rencontrer des personnes et les apprécier énormément, les aimer simplement. Mais de là, à avoir au fond de moi, cette envie de construire une relation romantique, de quémander des câlins ou des tendresses, de se mettre en couple et d’éprouver le besoin de l’autre, l’envie rugissante de la.e voir et de passer du temps avec el.lui, l’exigence de la.e rendre heureux.se, d’octroyer une place centrale à la personne ou à la relation, etc, autrement que par mimétisme…je n’y suis pas, je ne connais pas cela. Je sais aimer les personnes qui m’entourent. Mais, aimer, ce n’est pas forcément être en couple, ce n’est pas non plus forcément faire l’expérience de ce que décrit la société quand elle parle des relations entre deux individus ; et ce n’est pas non plus forcément désirer approfondir ce souffle de vie.

Oui voilà, pour moi, l’amour c’est un souffle de vie. Et le romantisme, c’est une construction dans laquelle les souffles de vie se répètent, s’agencent de façon à pouvoir trouver une ritournelle harmonie. Je n’ai pas cette faculté ni ce besoin de voir se répéter les effluves des instants.

  • Qu’est-ce qui vous a mené à vous identifier comme aromantiques ?

Green Aro : Unx amix (qui par la suite est devenue mae courgette [NdA –  surnom affectueux donné dans le cadre d’une relation queerplatonique à ses participant·e·s.], donc avec qui j’ai eu une relation queerplatonique, qui sort des normes de relation), m’en a parlé et j’ai par la suite fait des recherches. Je n’ai trouvé que peu de ressources francophones mais le blog « La vie en queer » m’a permis de trouver toutes les réponses que je cherchais, ça a été comme une révélation :green_heart:

Violette : J’ai découvert le terme aromantique 5 ans environ avant de m’y identifier. J’avais du mal à utiliser ce terme pour moi-même car j’avais une image de l’aromantisme emplie de clichés : des personnes étranges incapables d’aimer. J’avais l’impression que si j’utilisais le terme « aromantique » pour me décrire, je renonçais à mon bonheur.

En discutant avec une personne aromantique par hasard, j’ai réalisé que ce n’était pas du tout le cas, et que mon problème n’était pas ce que je ressentais, ce que j’étais, mais bien l’idée ancrée dans la société qui stipule qu’une relation romantique est nécessaire au bonheur. Et aussi que les personnes aromantiques ne sont pas une sorte d’extraterrestres.

Le fait de m’identifier comme aromantique a été libérateur. Je n’ai plus l’impression d’être « anormale » ou de devoir attendre « la bonne personne ». J’ai beaucoup appris au contact d’autres membres de la communauté, et je suis soulagée de l’avoir trouvée en étant encore relativement jeune.   

J’avais l’impression que si j’utilisais le terme « aromantique » pour me décrire, je renonçais à mon bonheur. En discutant avec une personne aromantique par hasard, j’ai réalisé que ce n’était pas du tout le cas .

Enzo : Je m’identifie comme étant sur le spectre aromantique depuis récemment. Jusqu’ici j’étais opposé à cette idée car je souffrais de ne pas être avec quelqu’un. Cependant sur le discord j’ai appris qu’on pouvait être très proche de quelqu’un, d’une façon qui ne corresponde pas vraiment à de l’amitié, sans pour autant que ce soit un couple romantique. J’ai grandi sans une société où l’amatonormativité prédomine, où le couple c’est l’achievement relationnel suprême; aussi je ne le savais pas. Depuis que je connais le concept de relation queer platonique j’y ai réflechi, j’ai discuté IRL (NdlR : In Real Life, c-a-d hors des conversation réunies par les réseaux sociaux et donc de vive-voix, en face à face) avec des membres du discord. Puis j’ai réalisé, en analysant précisément ce que je voulais d’une relation avec qqune – être accepté comme je suis, être très complices avec l’autre, pouvoir s’ouvrir mutuellement son cœur, faire des choses banales ensemble, se faire des câlins et des bisous et se tenir la main, voire un peu de sensualité, mais surtout pas de prise de tête – que la relation queerplatonique correspondait mieux à cette définition que le couple romantique, et j’en ai déduis que je me fichais en vérité complètement de l’amour romantique. Je suis heureux pour ceux.lles qui le ressentent (si c’est vrai) mais ce n’est pas vraiment cela dont j’ai besoin.

Eleuterre : Ma différence. Quand je me suis séparé.e de mon copain, j’avais réellement du mal à saisir pourquoi le fait que nous ne soyons plus officiellement en couple serait un frein à notre amour. J’ai compris que j’étais aromantique en comprenant que lui, était romantique. Quelque part, il avait besoin de construire une relation privilégiée et romantique avec quelqu’un.e. Pour moi, ça ne m’empêchait pas de l’aimer. Et d’ailleurs, l’aimer ne m’empêchait pas d’aimer d’autres personnes. J’ai à ce moment-là saisi toute la disparité qui était entre nous par rapport à la considération de notre relation. Nous ne nous aimions pas de la même manière.

Maintenant, je sens bien que ma façon d’aimer mes proches, mes rencontres continues ou ponctuelles, est différente de celle qui est banalisée. Je n’ai pas de mal à prendre les personnes que j’aime dans mes bras et à les serrer au plus près de mon cœur. C’est ma manière de leur dire qu’iels sont importants, et que je les aime. Et c’est aussi détaché de tout sous-entendu, et de toute attente. C’est après coup, que je réalise parfois à quel point mon comportement pourrait être interprété autrement par des spectateurs extérieurs, ou par la personne qui reçoit mes effusions. Et puis, il y a aussi le fait que je ne ressente pas de manque, pas de besoin de voir l’autre, pas d’envie de construire quelque chose, pas de relation comme plus importante ; et aussi une quasi-répulsion à être dans une situation catégorisée comme romantique. Le « presque rejet » de ces contextes n’est vrai que si les ambitions de la personne avec qui je suis sont autres que partager des instants, et laisser être spontanément les effluves des moments. Je n’avais aucune envie d’aller au restaurant avec mon copain quand il me le proposait. Je grimaçais même, lui me disait qu’il aimait ça, parfois.

Ma capacité d’aimer est linéaire. Je n’aime pas plus et pas moins certains individus. J’aime simplement différemment les multiples souffles de vie que je croise sur mon chemin. Mais je les aime sans romance, je les aime sans sexe, je les aime, simplement, je les aime. Je me suis identifié.e individu aromantique en découvrant que le romantisme, ce n’était pas l’amour.

Ma capacité d’aimer est linéaire. Je n’aime pas plus et pas moins certains individus. J’aime simplement différemment les multiples souffles de vie que je croise sur mon chemin.

  • Rencontrez-vous des discriminations, de la haine ou des comportements correctifs en tant qu’aromantiques ? Sous quelle forme ?

Green Aro : Cela peut prendre tellement de formes je ne sais même pas par où commencer… Principalement le gatekeeping dans la communauté LGBTQIAP+ [NdA – rejet d’une partie de la communauté LGBTQI+ considèrant que telle ou telle minorité ne fait pas partie de la communauté, en l’occurrence les asexuels et aromantiques, considérés comme n’affrontant pas les mêmes problématiques et n’étant pas légitimes], le système amatonormatif (où la romance est martelée comme étant la source unique et véritable du bonheur), la liste me semble si longue…

Violette : Seules peu de personnes dans mon entourage savent que je suis aromantique, ce qui me protège en partie. Je suis cependant beaucoup soumise à la pression, par mon entourage et mes amis, à me mettre en couple. Comme dit précédemment, j’ai longtemps cru que ma vie serait fatalement malheureuse si je ne pouvais ressentir d’attirance romantique. 

Un psychologue m’a expliqué qu’avoir un compagnon était nécessaire pour que ma vie future soit heureuse lors d’un exercice de projection dans le futur (cette personne était au courant de mon aromantisme), et je suis souvent confrontée à l’idée que je ne ressent aucun sentiment ou que « c’est impossible » ou que « c’est une phase » lorsque je parle d’aromantisme avec les quelques proches auprès de qui je suis out.    

Enzo : Non, jamais. En même temps très peu de gens sont au courant que je suis ace [NdA – asexuel] et personne en dehors du discord n’a la moindre idée que je suis sur le spectre aro.

Eleuterre : Non, je n’en rencontre pas. En vérité, je n’en ai encore parlé à personne, j’ai tendance à me revendiquer par des actes plutôt que par des mots. Et je relativise beaucoup ce que je vis et vois au quotidien dans la société. Je ne suis pas blessé.e ni atteint.e par la désunion entre la manière commune et partagée de vivre, et la façon propre et décalée que j’ai d’expérimenter les secondes.

  • Que répondriez-vous aux personnes qui mettent les relations romantiques au premier plan ?

Green Aro : Que c’est chiant et blessant franchement. Que ce soit des personnes malveillantes ou des amis nous abandonnant au profit de relations romantiques ça n’a aucun intérêt de le faire et peut aller jusqu’à mener des personnes au suicide… C’est très grave, vraiment.

Violette : Chaque personne est libre de hiérarchiser ses relations comme elle le désire. Il est cependant important de rappeler que l’amour romantique n’est pas ce qui fait de nous des humains, et qu’il est possible de vivre sans relation romantique.

Aussi, l’idée qu’une personne rencontrée quelques mois auparavant prenne plus de place dans la vie de quelqu’un que ses amis d’enfances ou sa famille me parait, en tant qu’aromantique, bien absurde.  

Enzo : Je leur répondrais que si elles vivent ou désirent vivre des relations romantiques c’est très bien pour eux.lles et il n’est pas question de remettre en cause leur ressenti et leur façon de vivre leur vie de manière plaisante. Toutefois il faut accepter que tou.te.s ne voient pas les choses de la même façon, certainEs ne sont pas intéressées par ce type de relation, voir en sont dégoûtées ; il faut le respecter. Cela prouve qu’il n’y a pas objectivement de hiérarchie de valeur des relations, même si les aros sont en minorité statistique. Tout comme le fait que la pizza soit un plat plus populaire et consommé par bien plus de monde que les lasagnes ne la rend pas objectivement meilleure.

Bien avant de me voir comme aro j’étais déjà contre cette hiérarchie. J’ai longtemps considéré que l’amour romantique (le vrai, pas celui que croient ressentir la plupart des gens et qui n’est que l’effet d’un mélange d’attraction esthétique et d’hormones sexuelles) était une forme d’amitié profonde développant certains points particuliers, comme certains types de contact physique. Je sais aujourd’hui que c’est plus complexe que ça et qu’il n’est pas correct de catégoriser les relations en fonction des attitudes et comportements des partenaires. Ce n’est pas parce que deux personnes – ou plus – n’ont pas de rapport sexuel qu’elles ne sont pas amoureuses l’une de l’autre, ce n’est pas parce que deux autres aiment se tenir par la main qu’elles sont forcément en couple romantique… Etc. ChacunE peut déterminer ce qui lui convient le mieux, et le cas échéant, dans quel type de relation iel est engagé.e.  Et surtout, non, la romance n’est pas l’accomplissement social ultime du bonheur.

Eleuterre : Qu’il n’y a aucun souci pour cela ! Mais ce n’est pas universel et tout le monde ne vit pas dans ce même paradigme de hiérarchisation émotionnelle. Il y a certes un grand nombre de personnes qui font comme vous, mais n’oubliez pas les électrons qui s’écartent de la moyenne sans pour autant être malheureux.es.

  • Avez-vous des médias/livres/séries/films à nous conseiller qui mettent en scène de bonnes représentations aromantiques ?

Green Aro : Pas tellement malheureusement, en médias il y a le blog « la vie en queer » dont je parlais précédemment. Sur Twitter aussi Claudie Arsenault qui entretient une base de données de personnages aros (parfois aces) dans des romans. Sinon Péridot dans Steven universe que je considère comme aromantique car je me reconnais énormément en elle sur des points très spécifiques à mon identité romantique :blush:

Violette : Malheureusement non. Les représentations aromantiques sont très peu présentes, et nous devons bien souvent réaliser nos propres représentions par le biais de fanfictions, Headcannons ou histoires amateures. 

Enzo : Malheureusement à part le fameux Aromantic Love Story que je n’ai pas lu, je ne connais rien sur ce sujet.

Eleuterre : Nop, sorry.

  • Enfin, quel message souhaiteriez-vous faire passer ?

Green Aro : Il est temps pour nous de développer notre communauté et de lui donner des revendications à la fois politiques, et dans le respect et la visibilité de nos identités. Supportez les aros, ne serait-ce que verbalement autour de vous ou en partageant des ressources de bonne qualité.

Violette : L’aromantisme existe, et nous ne sommes pas incapables de tout sentiment pour la simple raison que nous ne ressentons pas d’attirance romantique. Aussi, nous pouvons intrinsèquement être heureux·ses, et souhaiterions que la société arrête de nous dire que nous ne le pouvons pas, ou qu’il nous manque quelque chose. 

Enzo : Je crois que j’ai dit l’essentiel en 4-. Je terminerai par une chose : les gens doivent comprendre que, tant qu’iels ne nuisent pas à autrui (ou à l’environnement, mais ça tout le monde s’en fiche un peu…) personne n’a le droit de leur dicter comment mener leur existence. On ne vient pas au monde pour mener une vie formatée « Etudes, travail, amour, épouXse, enfants, chien » etc. Trouvez votre chemin, les gens. C’est pareil pour les relations ; asexuels ou aromantiques vous n’êtes pas malades et vous n’avez absolument pas moins de valeur que les zedsexuels/romantiques [NdlR : zedsexuel celleux qui ne sont pas sur le spectre asexuel]. Vous êtes 100% valides, et je vous souhaite d’être heureux car c’est la seule chose qui compte vraiment.

Eleuterre : Je voudrais te dire que, peu importe qui tu es et où tu te trouves sur le spectre de l’aromantisme (ou du romantisme d’ailleurs) : tu es légitime à ressentir et vivre les choses comme tu les ressens. Même si on ne te comprend pas, même si on tente de te faire rentrer dans un carcan figé parce qu’on croit être certain qu’il est confortable, même si tu aimes autrement la vie : tu es légitime. Ne te brime pas, ne t’empêche pas d’être qui tu es, ne t’empêche pas même d’aimer. Tu as le droit d’aimer autrement, de ne pas être le mimétique reflet de la société et de ses codes à aimer. Les relations peuvent ne pas être parfaitement symétriques. Mais qui dit asymétrie ne dit pas forcément déséquilibre.

Ne te brime pas, ne t’empêche pas d’être qui tu es, ne t’empêche pas même d’aimer. Tu as le droit d’aimer autrement, de ne pas être le mimétique reflet de la société et de ses codes à aimer.

Pour finir cet article, qui avait avant tout pour but de participer à la visibilité de l’aromantisme et de ses revendications, voilà quelques chiffres et quelques ressources !
Selon le sondage fait sur la communauté aromatique francophone en 2018, 85% sont asexuels, et parmi les zedsexuels, 47% sont bisexuels, 7% homosexuels et 11% hétérosexuels. 31% n’ont pas une identité de genre masculine ou féminine.
Enfin, 80% des aromantiques estiment faire partie de la communauté LGBTQI+.

Le drapeau de la communauté aromantique

Pour approfondir le sujet :

Témoignage sur l’aromantisme de « La vie en queer » : https://lavieenqueer.wordpress.com/2018/10/17/pourquoi-jaime-etre-aromantique/

Le site de l’association Arobase, http://aromantisme.org/ [les définitions sont reprises de leurs flyer]

Le sondage sur la communauté aromantique francophone : file:///C:/Users/Emilie/AppData/Local/Packages/Microsoft.MicrosoftEdge_8wekyb3d8bbwe/TempState/Downloads/Sondage_sur_la_communaute_aromantique_-_Final%20(1).pdf

Une vidéo-témoignage en anglais sur une aromantique : https://www.youtube.com/watch?v=1JCt-JeR8tQ&

Enfin, une vidéo en français sur les discriminations et idées préconçues touchant les aromantiques et les asexuels : https://www.youtube.com/watch?v=6Sr4UvElphI

-Emilie