Journée de la Jupe – 7 Mars

Dans le cadre d’un partenariat avec Le Défilé de l’Histoire, nous organisons le 7 mars 2019 une Journée de la Jupe à l’École du Louvre. C’est l’occasion pour nous de revenir sur l’origine et le but de l’événement.

[Mon] postulat est que les vêtements et leur genre – féminin, masculin, neutre – sont politiques. Ils facilitent notre identification comme homme ou femme, avec toutes les conséquences que l’on imagine dans une société réglée par la domination masculine.”1

La jupe, longtemps perçue comme l’uniforme de la féminité, est un vêtement ambivalent. Outil de domination sexiste pour certain.e.s, elle a été longtemps délaissée pour le pantalon par de nombreux mouvements féministes.  Au contraire, elle est vue par d’autres comme un nouveau symbole de lutte pour l’égalité des genres.

L’organisation de Journées de la Jupe, où tout le monde est invité à porter le fameux vêtement, a pour origine, en France, des mouvements lycéens et étudiants. La première a été lancée à Rennes, en 2006, par des lycéennes suite à des remarques sexistes sur leur tenue. L’idée est reprise dans le film La Journée de Jupe en 2009 et par le collectif Ni Putes Ni Soumises en 2010 (à l’occasion de la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes). En 2013 et 2014, des lycées de Nantes participent à “Ce que soulève la jupe”. L’action est nommée d’après l’ouvrage de Christine Bard et rencontre dans sa deuxième année l’hostilité de mouvements conservateurs, “Manif pour Tous” en tête. En 2017, les syndicats étudiants organisent pour la première fois une Journée de la jupe au niveau national.

Plus qu’un simple prétexte fashion, la Journée s’inscrit dans la lutte contre le sexisme. La jupe, vêtement socialement réservé aux femmes et hautement sexualisé, permet notamment d’aborder le sujet du regard permanent de la société sur leur corps et du harcèlement.

Ne pas être une femme et porter la jupe permet aussi de marquer son soutien dans ce combat et de s‘interroger sur la vision très genrée de nos gardes-robe. Si une femme peut mettre un pantalon sans problème et même incarner une figure d’autorité, un homme en jupe est perçu comme “dégradé” dans sa virilité. On en revient aux valeurs binaires associées aux genres dans notre société  : faiblesse pour le féminin, force pour le masculin. Et cela transparaît même dans la mode. Alors, vous avez dit futile ?

Afin de bien vous accompagner pour notre première édition de la Journée de la Jupe le 7 mars, si vous vous êtes inscrits aux Ateliers de la Jupe vous pourrez confectionner votre propre jupe avec le Club Défilé de l’Histoire. Contre 7€ et 2h de votre temps vous serez guidés pour la réalisation de votre pièce ! En bonus vous pourrez si vous le voulez exhiber votre création lors d’un défilé le 7 mars 🙂 #CoverGirl  Et même si vous ne participez pas aux ateliers, nous vous invitons quand même à venir en jupe !

Pour clore la journée en beauté, nous vous ouvrons les portes de l’Eurydice à partir de 20h pour profiter d’un Happy Hour jusqu’à 23h ET d’un fabuleux Drag Show de Plastic Lava à 21h30 !

Nous vous attendons nombreux.ses pour nous éblouir avec vos jupes, qu’elles soient faites-main ou récupérées au fond d’un placard !

L’équipe Mauvais Genre(s)

Récap’ :

Inscription à la borne BDE du 19 au 21 février, entre 12h et 14h

Ateliers : jeudi 28 février et vendredi 1er mars, de 10h à 12h

Coût : 7€

Le 7 mars

  • Défilé de la Jupe : Hall de Flore, 12h-14h
  • Afterwork : Bar l’Eurydice (79 rue du Cardinal Lemoine, 75005) , 20h
  • Drag Show de Plastic Lava, 21h30

1 Bard Christine, Ce que soulève la jupe. Identités, transgressions, résistances. Autrement, « Sexe en tous genres », 2010, 174 pages. URL : https://www.cairn.info/ce-que-souleve-la-jupe–9782746714083.htm