LGBookT+ (2) – Lectures LGBTQI+

Bonjour à tous ! Mardi 19 mars, Mauvais Genre(s) a remis le couvert pour un deuxième tome de l’aventure LGBookT+ et une nouvelle fois, ce fut riche en échanges et en partage! Nous vous proposions encore une fois de venir partager vos lectures queers et féministes, qui ont mené à des témoignages et des sujets plus larges, dans la bienveillance et la bonne humeur. BD, roman, étude historique… Différents genres ont été présentés (et il n’y a pas de mauvais genre.s!).

Voici un petit tour d’horizon des ouvrages présentés lors de cette rencontre !

https://media.discordapp.net/attachments/546803795460620289/564148682899980311/we_think_the_world_of_you.jpg?width=214&height=340

Commençons par We think the world of you, par J. R. Ackerley, qui raconte

l’histoire de Franck, un homme gay dans l’Angleterre post-première guerre mondiale, qui se rend dans la famille d’un de ses amis emprisonné. Sur place, on lui demande de s’occuper d’Evie, le chien de la famille. Une histoire touchante (de salvateurs Kleenex sont conseillés) tout en restant pudique.

https://media.discordapp.net/attachments/546803795460620289/564148650909892648/poussiere_dhomme.jpg

Poussière d’homme, par David Lelait-Helos, est un récit autobiographique racontant la perte par l’auteur de son compagnon atteint du cancer. Non, ce numéro n’est pas spécialement dédié à la joie de vivre, mais ici le récit est loin d’être misérabiliste. L’auteur raconte la vie après l’autre, après lui.

Résultat de recherche d'images pour "les limite de la masculinité androgynie dans l'art"

Les limites de la masculinité, L’androgyne dans l’art et la théorie de l’art en France (1750-1830) par Mechthild Fend est un traité d’histoire de l’art. L’autrice y explore la figure de l’androgyne dans l’art européen, principalement sous l’Empire. Elle livre ici un essai sur la manière dont la valorisation d’une figure héroïque de l’homme et le reflet d’une virilité traditionaliste révèlent une métamorphose sociale. Il s’agit d’un texte compliqué, mais malgré cela très intéressant, appliquant les concepts d’identité de genre à l’art du XIXe siècle. Ce traité, très pertinent, est à la croisée de l’histoire de l’art et des gender studies. Ce livre est également relié à des concepts féministes, notamment par la bibliographie très extensive présentée en fin d’ouvrage.

Résultat de recherche d'images pour "le chant d'achille"

Changeons d’univers avec Le chant d’Achille de Madeline Miller ! L’autrice conte la vie du héros Achille, mais du point de vue de Patrocle. Elle met ainsi en lumière un aspect de l’épopée que tout le monde ne connaît pas, l’optique change car c’est un personnage somme toute assez oublié qui parle. Sa relation avec Achille lui confère un statut de héros, car il doit lutter pour qu’ils restent ensemble. Dans ce récit, pas d’idéalisation, chacun a ses défauts (oui, Patrocle est un peu un loser mais on l’aime quand même). Cerise sur le casque (qui m’a laissée rédiger ça librement ?), Miller est universitaire et donc très renseignée sur le contexte historique et culturel dans lequel se déroule le récit.

https://media.discordapp.net/attachments/546803795460620289/564148657033707541/Textpost_achille_et_patrocle.jpg?width=340&height=340

Résultat de recherche d'images pour "summer bird blue"

Parlons un peu de l’autrice Akemi Down Bowman. C’est, déjà, une belle personne, car elle a mis en place une base de données (que vous retrouverez ici) recensant tous les livres évoquant, de manière explicite ou non, l’asexualité et l’aromantisme, en indiquant à chaque fois si l’auteur.e est concerné.e ou non. Cette database peut paraître un peu sèche, car elle se présente sous la forme d’un tableau Excel, mais reste un projet génial pour la visibilité des personnes aro/ace. Mais Akemi Down Bowman ne s’est pas arrêtée là, car elle est également l’autrice de Summer Bird Blue. Ce drame familial raconte l’histoire de Rumi, une jeune fille d’origine hawaïenne qui a grandi avec une mère absente. Elle s’est donc beaucoup rapprochée de sa petite sœur, mais lorsque celle-ci meurt dans un accident, Rumi est détruite : elle avait construit sa vie autour d’elle et de leur groupe. Elle est confiée à sa tante, à Hawaï, et commence sa reconstruction. On suit sa réflexion sur sa recherche personnelle, elle se découvre aromantique, doit comprendre ce que cela signifie. Cependant, si l’aromantisme est un thème explicite du livre, il n’est pas central. Par ailleurs, petit avertissement : le livre n’est pas disponible en français, une bonne maîtrise de la lecture en anglais est donc recommandée.

Au tour de Just kids de Patti Smith, une autobiographie qui n’est pas centrée sur les problématiques LGBTQ+, mais qui nous a tout de même beaucoup intéressé.e.s. L’autrice raconte sa rencontre avec Robert Mapplethorpe et retranscrit, à travers son regard, la vie de l’artiste et son éveil sexuel. Ce livre expose la sous-culture queer, notamment BDSM. De fil en aiguille, nous avons parlé de Mapplethorpe, mort du SIDA, et des différents documents que nous avions vus sur sa vie. À voir si la vie de Mapplethorpe vous intéresse : Mapplethorpe : Look at the pictures (2016).

Résultat de recherche d'images pour "projet 17 mai"

Vous connaissez peut-être l’ouvrage qui a été présenté ensuite, car il est issu d’un projet lancé en ligne par deux dessinateurs : le projet 17 mai. Silver et Pochep ont créé un blog BD traitant des lgbtphobies, invitant différents illustrateurs, concerné.e.s ou allié.e.s, à participer à ce projet. En tout, plus de quarante illustrateurs ont contribué, d’abord sur le blog (que vous pouvez retrouver ici), puis dans deux recueils. Pour le lecteur, c’est l’occasion de rencontrer différents auteurs et styles, mais aussi de découvrir plusieurs histoires, plusieurs parcours LGBTQIA+. En plus (ce projet est décidément génial), tous les bénéfices de vente sont reversés à l’association SOS Homophobie.

Résultat de recherche d'images pour "cunt coloring book"

Alors lire, c’est bien, mais parfois on en a un peu marre… Pas de problème ! Sorti en 1975, le résolument moderne Cunt coloring book par Tee Corinne vous propose de vous adonner à la pratique relaxante du coloriage, mais pas n’importe lequel. Il s’agit en effet ici de coloriser des vulves, de toutes les formes (et de toutes les couleurs, mais ça on vous laisse faire).

Résultat de recherche d'images pour "le goût de monsieur"

Enfin lire, c’est bien quand même, et on tient à le prouver avec Le goût de Monsieur : L’homosexualité masculine au XVIIe siècle par Didier Godard, qui fait partie d’une série sur l’homosexualité dans l’histoire. Il est intéressant de constater que l’auteur pose dès le début des repères en faisant un panorama de la position juridique des pays européens, et on comprend très rapidement que ce n’est pas l’amour entre hommes (ou entre femmes, même si le livre se concentre surtout sur l’homosexualité masculine) qui est condamné, mais bien l’acte de sodomie. Et ça concerne tant les homos que les hétéros, qui sont eux aussi condamnés ! L’auteur traite ensuite des différentes classes sociales, permettant un aperçu de toutes les couches de la société, avec évidemment un accent mis sur l’aristocratie, car elle demeure la mieux documentée.

Enfin, nous avons parlé d’un journal paru entre 1971 et 1973 : Le torchon brûle. Ce journal féministe compte 7 numéros, aujourd’hui numérisés (que vous pouvez lire ici ou à la bibliothèque Marguerite-Durand dans le 13e arrondissement). La plupart des articles sont collectifs ou non signés, et la publication dite « menstruelle », car irrégulière ! En plus, l’équipe de rédaction change à chaque numéro, permettant une vision de féminismes au pluriel tout en nécessaires nuances. Un beau projet qui a fait de nombreux enfants, et que l’on vous invite à découvrir.

Résultat de recherche d'images pour "le torchon brûle"

Et voilà, c’est déjà fini pour cette édition ! Non, ne pleurez pas, nous revenons bientôt… Mauvais Genre(s) en général, et le Pôle Écoute en particulier, ont été ravis de voir qu’encore une fois, LGBookT+ avait été un espace d’échange et de débat sécurisé et intéressant, qui nous a donné à tous l’envie de lire tous ces ouvrages, et, on l’espère, à vous aussi !

N’hésite pas à partager ce résumé s’il t’a plu, et à commenter (un com’ chez moi, deux com’ chez toi).

De gros bisous inclusifs à tous.tes, et à très bientôt !